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L’histoire d’un renoncement qui fait place à une renaissance, avec la montagne en filigrane.
Tandis qu’il rentre chez lui à vélo par une belle après-midi d’été, Michel Zalio est violemment percuté par un camion. S’il échappe de peu à la mort, il est hospitalisé pendant de longs mois et ne pourra plus exercer son métier de guide de haute montagne. Dans ce texte très personnel, il raconte son long combat pour essayer de retrouver l’usage de son corps. Une ascension particulière, qu’il réalise en se remémorant – avec nostalgie bien sûr, mais aussi beaucoup d’humour – une vie intense, passée en montagne. Michel Zalio parviendra-t-il à mettre la combativité de l’alpiniste au service de sa résilience ?
Extrait :
Vendredi, 19 août.
Fin d’après-midi.
La lumière est belle, l’atmosphère limpide. Une journée où les constellations sont alignées, en phase.
Comme en montagne, au printemps, lorsque tu pars en ski de randonnée. La neige est gelée, grand beau. Pas de questions, pas de stress. Le bulletin de risque d’avalanche frôle le zéro. Le groupe qui te suit est top. Tu les connais bien. Des amis. Tu imagines déjà la descente sur une neige de velours. Des grandes courbes, tout en délicatesse. Tu souris.
Aujourd’hui, tu pédales tranquillement. La température est idéale. Le matin, avec ta femme Laure, tu as ramassé des quantités de framboises et de cassis. Tu as décidé de rentrer à vélo et de faire des confitures.
Tu abordes la dernière ligne droite avec sérénité avant la grande descente de l’abbaye de Boscodon, entre Embrun et Savines.
Dix minutes de chez toi.
À quoi peux-tu penser à ce moment précis ? Aux confitures que tu vas cuire ? Au voyage en Islande que tu prépares ? À ton métier de guide que tu réduis peu à peu, mais que tu veux poursuivre ? À la nature qui t’entoure, indispensable à ton équilibre, dans laquelle tu vis en permanence ?
Aux heures et au temps qui défilent inlassablement et dont la tâche principale est d’occire la vie ? Occire ?
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